mardi , 16 janvier 2018

Histoire de Boigny

Notre histoire

L’histoire de Boigny remonte à l’époque romaine, avec une forte activité au Moyen-âge.

A l’époque gallo-romaine, le bourg gaulois porte le nom de Boignacium ou Bonacium, du gaulois bonos et du latin bonus (le bon). On sait peu de chose sur cette époque. Ce sont peut-être des sources d’eau, plus actives sous un autre climat ou un passage à gué de la Bionne qui furent le premier point de fixation, suivi des premières habitations.

Le XIIe siècle est le temps des croisades. Les Capétiens sont au pouvoir. En octobre 1149, Louis VII Le Jeune rentre de croisade avec 200 chevaliers. En 1154 il fait don du domaine royal de Boigny à « L’ordre Militaire et Hospitalier de St-Lazare de Jérusalem ». En ce temps, la lèpre fait des ravages en France et connait une recrudescence par le contact que les croisés avaient eu avec les foyers de lèpre, que l’on situe vers l’Egypte. Louis VII, qui avait constaté les bienfaits des maladreries d’Orient pour freiner la propagation de la maladie, organise les soins en France sur ce modèle et s’adresse naturellement aux Frères de Saint Lazare, qui installent une léproserie à Boigny.


Louis VII Le Jeune (1137-1180) fait don de la propriété royale de Boigny aux Hospitaliers de Saint Lazare. L’endroit où il se tient sera plus tard la rue de la Commanderie.

La baronnie de Boigny est un bien important. Plusieurs rois y résident :

  • Louis VI Le Gros y tenait sa cour
  • Louis VII lui-même, après avoir répudié Aliénor d’Aquitaine, épouse Constance, la fille du roi Alphonse VIII de Castille en 1154, dans l’église de Boigny.

En 1262, par décision de Saint Louis, la Commanderie de Boigny devient le siège principal de l’Ordre de Saint Lazare en France : la Commanderie Magistrale. Le Grand Maître y réside.

Au XVI° siècle, le grand maître fait tenir tous les ans à Boigny un chapitre général. A sa mort, le château est saccagé par les catholiques. La maison de Boigny reste plus d’un siècle inhabitée, dans un état déplorable. La maison n’est plus qu’une simple ferme vers 1630.

Avec Louis XIV, Boigny connaît une nouvelle période d’intense activité. Le roi rattache à l’Ordre l’administration de toutes les maladreries, léproseries, hôtels-dieu, aumôneries, confréries, chapelles hospitalières et autres lieux du royaume, et Boigny en est le centre principal. Mais la fin de règne est difficile, et une fois de plus le château tombe en ruine.

La restauration de la maison de Boigny est décidée en 1699. On dessine plutôt un petit château dans l’esprit de l’époque, l’actuel château de la Commanderie. C’est un certain Huguet de Semonville qui le fait construire à ses frais. Les armoiries de Huguet de Semonville apparaissent au fronton, du côté est.

En 1713, peu avant la mort de Louis XIV, Boigny compte 56 habitants.

Le projet d’architecte de 1699 pour la nouvelle maison de Boigny. Au centre, le nouveau château tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le projet prévoit de conserver la chapelle et la tour. Les anciens bâtiments en ruine, qu’il était prévu de raser, devinrent finalement les communs du château.


Les armoiries de Huguet de Semonville sont conservés au fronton est.

La première église de Boigny remonte au début du XI° siècle. Elle est reconstruite au XII° siècle, modifiée au XV° puis au XVII° siècle pour prendre son aspect actuel. La cloche actuelle a été fondue par l’entreprise Bollée en 1888.



L’église de Boigny aujourd’hui. Une pierre tombale d’époque mérovingienne sert de linteau de porte à l’ancien presbytère.

En 1789, c’est choc de la Révolution. En 1790 on assiste à l’élection du premier maire (qui n’est autre que le curé) et à la vente du château et du presbytère comme biens nationaux. Boigny compte 49 habitants.

Sous la Restauration,
Louis XVIII lui-même devient grand maître de l’Ordre de Saint Lazare. A sa mort, en 1824, son successeur Charles X devient à son tour protecteur de l’Ordre.

Au XIX° siècle et dans la première moitié du XX°
siècles, la population fluctue autour de 250 habitants. En 1836, on établit le premier cadastre de Boigny. En 1865,
avec les lois de Jules Ferry, on construit l’école qui deviendra plus tard une annexe de la mairie puis la salle du conseil municipal.

Il y eut un moulin à vent à Boigny, le moulin Jeulin, ou Moulin du Bourg. Il se dressait au nord, près du clos de Limaudière, entre l’église et le Grand Bouland. Sous la révolution, il appartenait à Jean Baptiste Jeulin-Renard, meunier et boulanger à Boigny. Il s’arrête de fonctionner en 1857 et le feu le détruit en 1867.


Un plan des alentours du pont et de la Verniche vers 1870, dessiné à la plume et colorié.

1870 – 1945 : le temps des guerres. En 1870, Boigny est occupé par les Prussiens. Le village doit verser une indemnité de guerre de 200 francs.

1900 : un nouveau cimetière est ouvert, pour se préparer à la guerre.

1914-1918 : 17 habitants ne reviendront pas du premier conflit mondial


Vers 1910, le gué permet de faire passer les troupeaux, de laver les pattes des animaux. On pensait que ce bain de « pattes » avait des vertus curatives. Au pied du déversoir, les bouchers viennent rincer les tripes des animaux tués.


Vers 1910, les grands arbres du Château de la Verniche et la Place. Devant sa porte, Mme GAILLARD rendait de nombreux services à Boigny. Elle s’occupait des enfants lorsqu’il y avait un accouchement dans une famille.

Dans les années 1910-1920, le quartier du pont était le centre de la vie à Boigny. On ne prenait guère de risque à poser pour le photographe au milieu du pont.


Vers 1915 arrivent les premières automobiles, et un curieux engin, ancêtre du skate-board.


Le Café de la Place tenu par Monsieur Barthomier, sur le pas de la porte, à droite. Il n’y a pas un, mais cinq cafés à Boigny. Chacun d’eux a ses habitués. C’est aussi le rendez-vous de nombreux habitants des communes avoisinantes.


Le Café de la Mairie et l’atelier du maréchal-ferrant, à deux pas du café de la place. Le cheval et les deux charrues font la publicité pour la maison.


Pendant la guerre de 14-18, le 138e Régiment d’Infanterie Territoriale, 1ère Compagnie de La Rochelle, de passage à Boigny, pose pour la postérité.


La fête de Boigny était marquée par une cavalcade. Les Cavalcades devaient, bien sûr, s’arrêter devant le Café de la Place.

1931 : Boigny ne compte plus que 205 habitants.

1933 : Boigny prend le nom de Boigny sur Bionne.

1940 : sous l’occupation allemande, cinq hommes sont faits prisonniers de guerre, un travailleur est requis. Cinq ouvriers agricoles sont massacrés dans le bois de Charbonnière

Le 17 août 1944, la 5èmearmée du général Patton franchit le pont de Boigny sur Bionne.


Le château de la Commanderie au début du XX° siècle avec son péristyle qui disparaîtra vers 1950. Deux tours ont été ajoutées sur les flancs de la maison depuis le plan original.


La Commanderie aujourd’hui. Construit en 1700, le château fait le lien avec 900 ans d’histoire à Boigny.

La Salle : dès l’époque Carolingienne (VIII e et IXe siècles), un « Châtelet royal » existe sur le secteur de la Salle. C’est un rendez-vous de chasse. Il est composé de deux parties, l’une datant probablement du XI° ou du XII° siècle, et l’autre du XVII° siècle. Dans les années 1870/1890, le Château de la Salle est habité par Eugène Vignat, conseiller municipal à Boigny puis maire d’Orléans. Dans les années 1980, suite à un différend entre la municipalité et les propriétaires, Boigny doit verser une indemnité conséquente. Peu après, deux incendies ont raison du Château de la Salle, qui devient bien communal, pour être rasé à l’initiative du maire en 1990.


Le château de la Salle vers 1900

Une vue aérienne du château de la Salle en 1961 (source : Geoportail).

Un passé qui a disparu à jamais. Protégeons notre patrimoine pour que ceci n’arrive plus.

Au Pont de Boigny, les anciens fours à chaux en 1896.

Au Pont de Boigny en 1899, une batteuse actionnée par une locomobile à vapeur.

Les soins à la vigne vers 1900.

A la fin des années 20, la récolte des foins.

La seconde moitié du XXe siècle. Vivre à Boigny aujourd’hui.

En 1960 : Boigny compte 230 habitants, c’est-à-dire autant qu’en 1921 mais moins qu’en 1910 (325h). En 1980 : avec l’installation d’IBM, quelques maisons connues sous l’appellation « Baticop » sont édifiées au sud de la rue de Verdun. Quelques années plus tard, sur initiative privée, se construisent les lotissements Phenix. La population passe à 1595 habitants. D’autres lotissements vont suivre, toujours en rive droite de la Bionne.

En 1983 Boigny sur Bionne fait forer son propre forage d’eau et un château d’eau est construit à proximité. Il a une capacité de 600 mètres cubes d’eau, équivalant à la masse d’un train avec sa locomotive au-dessus de nos têtes. L’école va grandir, des équipements, sportifs pour la plupart, vont accompagner.


En 1965, l’usine IBM s’installe au nord de la commune, au lieu-dit « Les Trois Arches ».

Dans les années 70 et sur initiative privée, se construisent les maisons du lotissement Phénix. Au premier plan, la rue du canal et à droite, la rue de la Planche, le cimetière puis l’église.

Dans les années 1990 et 2000, c’est le Parc technologique qui accueille des entreprises. De nouvelles habitations apparaissent, ce sont, de gauche à droite, le Clos de La Salle et le clos de Boigny.

Les années 80 à 90 voient la création des Zones d’Activité Concertée par le District de l’Est de l’Orléanais puis le Syndicat Orléans Charbonnière. Le Parc Technologique Orléans Charbonnière devient un pôle économique majeur de l’agglomération. Dior, Stockalliance puis Norbert Dentressangle, Renault, ALSTEF, IBM… s’y installent. Les équipements publics se multiplient :

– Construction des écoles rue Firmin Chappellier et du Foyer Sportif et Culturel,

– Aménagement du terrain de football

– Création de la bibliothèque

– Nouveau restaurant scolaire, Point Accueil Jeunes (1996)

– Agrandissement du cimetière et des abords de l’église

– Inauguration du nouveau Gymnase Val de Bionne et de la salle du Patio en 2009.

En 2013 Boigny compte 2239 habitants, puis 2250 en 2017.

L’école maternelle aujourd’hui.


Le centre de loisirs en juillet 2003


Le forum des associations de septembre 2003.

Aujourd’hui, trente associations proposent des activités, des loisirs, des connaissances et donnent une ambiance conviviale à notre village. L’association « Boigny, Patrimoine et Histoire » vous permettra d’approfondir ce bref survol de 10 siècles d’histoire.

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